Groupe ÆQUITAS

Obama et le futur des programmes d’équité

Décembre 2008

Le 5 novembre dernier, j’étais aux États-Unis, témoin privilégiée d’un lendemain d’élections où l’expression du sentiment d’avoir réalisé le rêve de Martin Luther King était nettement palpable. La majorité des électeurs, républicains comme démocrates,  entraient déjà dans l’ère post-raciale.

Même si le 44e président des États-Unis a déjà affirmé être lui-même un produit des programmes d’équité (affirmative action aux États-Unis)¹, la question qui se pose maintenant est de savoir si ces programmes sont toujours nécessaires.

Il sera sûrement intéressant de suivre la pensée d’Obama quant au sort de ces  programmes. À maintes reprises, il s’est dit en faveur des programmes d’équité et a insisté sur leur bien-fondé pour enrayer la discrimination raciale historique aux États-Unis. Dans son livre The Audacy of hope Obama affirme que la mise en place d’objectifs d’embauche assortis d’échéanciers peut être la seule façon de redresser la situation lorsque des membres de groupes minoritaires ont fait l’objet de discrimination systématique et prolongée de la part de grandes entreprises, de syndicats, ou de gouvernements municipaux. ²

Obama réalise cependant qu’il est temps de jeter un nouveau regard sur les programmes d’équité. Sans nier totalement certains facteurs traditionnels de discrimination, il est d’avis que le statut économique des individus peut maintenant être considéré comme une barrière majeure à l’emploi ou à l’éducation. Le président désigné reconnaît également la légitimité d’une certaine frustration de la part de la classe moyenne face aux programmes d’équité. Ainsi, dans un discours prononcé en mars dernier à Philadelphie il disait :  « Resentments builds when they hear that an African American is getting an advantage in landing a good job or a spot in a good college because of an injustice that they themselves never committed. » 

À la fois symbole que le rêve américain est réalisable, nouveau modèle scruté par le monde entier et bénéficiaire d’une mesure d’équité, Obama marquera l’histoire. Considérant les immenses dossiers planétaires de l’heure, la pertinence des programmes d’équité dans leur facture actuelle n’est vraisemblablement pas à l’ordre du jour du président américain dès janvier 2009.

N’empêche, Obama ne manquera pas de revoir en profondeur les fondements des programmes d’équité. Il marquera le sort des programmes d’équité aux États-Unis et, dans une certaine mesure, ceux d’ailleurs.       

_________________________________

¹ Dans une lettre publiée lorsqu’il était président de la Harvard Law Review, Barack Obama écrivait : « I must say, however, that as someone who has undoubtedly benefited from affirmative action programs during my academic career, and as someone who may have benefited from the Law Review's affirmative action policy when I was selected to join the Review last year, I have not personally felt stigmatized either within the broader law school community or as a staff member of the Review. Indeed, my election last year as President of the Review would seem to indicate that at least among Review staff, and hopefully for the majority of professors at Harvard, affirmative action in no way tarnishes the accomplishments of those who are members of historically underrepresented groups. », Harvard Law Record, vol. 91, no 7, 16 novembre 1990.

² The Audacy of Hope, Thoughts on Reclaiming the American Dream, New York, Three Rivers Press, 2006, p. 246.

Denise Perron CRHA

Décembre 2008

© Groupe ÆQUITAS 2008

La raison d’être du Groupe ÆQUITAS est d’apporter aux employeurs des solutions à la fois stratégiques et sensibles qui tiennent compte des dispositions législatives en matière d’équité en emploi, d’équité salariale et d’accès à l’égalité, mais aussi des objectifs d’affaires de leur entreprise.